Petites histoires de vélo et de soupe salée
L'auteur - Le livre - 3 questions à l'auteurL'auteur : Vincent Gavistan
Diplômé de l'Ecole Supérieure de Journalisme de Lille, spécialiste de la Petite Reine, Vincent Gavistan a collaboré à de grandes revues consacrées au cyclisme avant de rallier les colonnes d'un célèbre quotidien français. Après avoir contribué aux rubriques dédiés au football ou encore à la politique locale parisienne, il s'occupe actuellement et de manière quasi exclusive de vélo. Suiveur du peloton depuis plus de vingt ans, il décide aujourd'hui de tordre le cou à l'hypocrisie qui règne dans la caravane cycliste.
[haut de page]Le livre :
En dix-neuf étapes, précédées d'un prologue et entrecoupées de deux journées de repos, c'est à un authentique Tour du Dopage cycliste que le spectateur assiste du bord de la route où les champions le laissent incrédule. De l'Affaire Festina jusqu'aux derniers développements de la lutte contre les produits prohibés, Vincent Gavistan rappelle les faits et méfaits d'un sport qui en appelle, en principe, aux vertus de l'homme : force et courage.
[haut de page]3 questions à l'auteur :

Qu'est-ce qui vous a motivé à écrire un livre sur le dopage ?
Je fréquente le milieu cycliste depuis de nombreuses années désormais et j'ai pu constater que c'était un milieu fermé sur lui-même qui avait ses propres lois, ses propres valeurs. Comme le mode de fonctionnement du vélo se base sur la performance et sur l'appât de l'argent et qu'en opposition on a une société où règne le « politiquement correct », le milieu du cyclisme ne peut s'afficher tel qu'il est réellement aux yeux des sponsors, des médias, du public. Il en découle une hypocrisie qui est devenue le fondement même d'un sport magnifique en soi, avec ses épopées, avec ses légendes, avec le panache qu'il permet de mettre en avant.
Vous croyez que tout le peloton est dopé ?
Je crois que le sport de haut niveau, en général, ne peut pas se concevoir sans l'appui de moyens qui élèvent la performance au maximum de ses potentialités (à juger en rapport avec l'époque). Je ne prétends pas qu'il n'y a pas de « coureurs propres », il y en a, c'est une certitude, mais ils constituent l'exception par rapport à la règle. Or les instances du cyclisme et du sport, en général, essayent toujours de nous faire croire que c'est le dopé qui constitue l'exception.
Le sport de haut niveau serait donc une vaste tricherie ?
Non, dopage et tricherie sont pour moi deux choses à ne pas confondre. Car je ne crois pas que si l'on supprime tout dopage, les classements sportifs varieraient d'un iota.
En fait, je me bats contre l'hypocrisie, mais je ne veux pas vraiment porter de jugement de valeur sur le dopage puisqu'il a existé de tous temps (déjà chez les Grecs…). Je me borne à constater qu'il est dans la nature de l'homme de vouloir potentialiser ses forces. Et celui qui mange un steak plein de protéines et boit un jus de fruits plein de vitamines est également dopé par rapport à celui qui se contente d'un bol de riz au repas d'avant l'effort. Tout est question de nuances et de limites, celles-ci variant en fonction de la société dans laquelle on vit. Notre époque est simplement intolérante envers ce qui n'est pas « sportivement correct », « politiquement correct » et dans ce contexte, le dopage est un phénomène de société très intéressant.